On n'est pas là pour rigoler, il y a du boulot. Il était prévu cinq jours de répétitions chez Alex. Nous arrivons ce dimanche matin au dernier jour de travail. Il n'y a eu aucun problème avec la musique, les morceaux se sont étoffés au fil des jours. Nos 3 amis khmers sont très concentrés et enthousiastes lors des scéances de travail. Ils ne rechignent pas à improviser et s'en tirent même très bien. Ils ont un peu plus de mal avec nos horaires de repas. Ils ont l'habitude de manger vers 11h et 18h, nous leur imposons 13h et 20h. Mais le pli est pris maintenant ou ils en ont pris leur parti. Les gens ici sont d'une "coolitude" rafraichissante, comme au Laos: sourire facile, pas de prise de tête.
Lorsque nous nous déplaçons ensemble, c'est toute une expédition: il faut 3 Tuk tuk. Le Tuk tuk, c'est le pied absolu, c'est la balade pépère avec, le soir surtout, la fraîcheur bienvenue. Notre hôtel est dans un quartier calme, près de l'école de musique. Dés qu'on va en ville, le soir, il y a plus de traffic, de gaz d'échappements, mais ce n'est pas Calcutta. Et ce qui est appréciable c'est que, contrairement aux indiens ou aux vietnamiens, ils n'abusent pas du klaxon, ce qui enlève tout stress à ces expéditions.
Les 2 derniers soirs, nous sommes allés à des "parties". Vendredi soir, nous étions invité chez l'organisateur du pseudo festival "Friendship Festival" dans le cadre duquel nous avons fait notre concert en Quartet vendredi soir à Heritage Suite Hotel. DJ, pizzas faites sur place, bière et bon vin, faune bigarrée qui se trémousse sur de la musique "branchée". Ce gars possède, dans sa villa, un studio d'enregistrement à faire pâlir plus d'un Michel Denis, grande pièce traitée accoustiquement, matos de folie. Il y a de l'oseille... D'après les infos récoltées auprès d'Alex, le gars est un banquier de Singapour et ce studio est sa danseuse. Nous sommes restés une heure et demie, finissant en beauté en instaurant une chenille de premier ordre sur fond de musique techno. Il est de notre devoir d'amener partout la bonne parole, d'exporter ces joyaux de la culture festive française. Il n'y a aucune raison pour que nous soyons les seuls à profiter de l'élévation spirituelle qu'apporte le déhanchement syncopé sur une bonne vieille chanson de Patrick Sébastien... Hélas, ils n'avaient pas de compilation CD du maître, nous avons du improviser sur de la musique de djeun's.
Hier soir samedi, Alex nous a entrainé dans une soirée Madagascar, où se produisait une bonne batuccada consituée de jeunes filles malgaches en tournée dans la région. D'après ce que j'ai compris, il s'agit d'un groupe formé pour éduquer et sortir ces jeunes filles d'un milieu peu favorisé menant tout droit à la débrouille et à la prostitution. Musicalement c'était top, joyeux et entrainant. Là aussi, malgrès le vin bitérrois plutôt cher et plutôt mauvais, l'appel de la chenille a été entendu, entrainant dans notre sillage quelques quelques personnes de bonne composition, au grand dam de quelques pisse-froids. Soirée "expat", les seuls cambodgiens présent, à part les nôtres, faisaient le service.
Quittant cette "party" située d'ailleurs dans notre ancien quartier (là où nous logions lors de notre passage en décembre 2014) notre cortège de Tuk tuk fonca dans la nuit de Siem Reap vers les faubourgs de l'aéroport pour finir la soirée chez le beau frère de Vanna, l'un de nos musiciens, qui nous avait tous invité autour de quelques bières et du canard grillé. On rigole, on chante Aline pour qu'elle revienne (comme au Vietnam, tout le monde connait la chanson, traduite en khmer)
Ce matin donc, dernière ligne droite pour la création Mango Dream, filage cet après midi et présentation publique du concert dans les jardins de l'école de musique, avant la création officielle la semaine prochaine.
Hotel Champey Villa
Photos de répétitions
Petit chat ramassé devant le resto. Le retrouverons nous demain dans notre assiette?
Photos du concert à Heritage Suite Hotel/ Friendship Festival
Petite vidéo faite par Alain sur la première répétition
Un peu d'indulgence, c'est la première lecture d'un morceau traditionnel arrangé "Bot Chai", qui veut dire "le vainqueur". C'est un morceau traditionnel joué pour les mariages. Le vainqueur, c'est moi, regarde la fille qui m'épouse...


















